Le Bore-Out…

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Au bureau, il est vécu comme une source de stress qui peut avoir des conséquences graves sur la santé. En version 2.0, il est plus scruté que jamais.

L’ennui, nouveau mal du siècle?

C’est le nouveau mot choc qui fait trembler les patrons et noircit les pages psycho des magazines. Souvent présenté comme l’inverse du burn-out, le « bore-out » qualifie le fait de tourner en rond au bureau, de s’ennuyer au point de se rendre malade physiquement et psychologiquement.

« En réalité, ce ne sont pas des contraires, mais deux phénomènes distincts dont les conséquences sont semblables, et qui peuvent même se regrouper », explique Philippe Zawieja, auteur du Burn-out, qui vient de paraître dans la collection Que sais-je?, aux éditions PUF. Le bore-out est un trouble psychologique engendré par le manque de travail, l’ennui et, par conséquent, l’absence de satisfaction dans le cadre professionnel.

Selon le cabinet Technologia, ce sont le secteur tertiaire et la fonction publique qui seraient les plus touchés. Les causes? Alors que les activités valorisantes y sont souvent réservées à certains salariés, d’autres se retrouvent surqualifiés ou sont mis au placard, une « sorte de harcèlement par le vide », décode notre auteur.

Les symptômes? Crises d’épilepsie, vertiges, tremblements, perte de mémoire… Le travailleur se réfugie alors dans une stratégie d’étirement des tâches ou de simulacre d’investissement pour donner le change, mais qui aurait donc des conséquences sur la santé qui ne sont pas à prendre à la légère.

Selon la revue American Journal of Epidemiology d’Oxford (Etats-Unis), il multiplierait par trois le risque de maladies cardio-vasculaires chez ceux qui y sont exposés. Il serait la source de dépression, d’une fatigue importante et d’une perte d’estime de soi. Une vraie pathologie en somme, qui toucherait ceux qui n’ont pas assez de travail… ou un travail peu intéressant.

Cette théorie a été présentée en 2007 dans Diagnosis Boreout, un ouvrage écrit par deux consultants d’affaires suisses, Philippe Rothlin et Peter Werder. Selon eux, ce syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui serait la conséquence de plusieurs éléments: la mise au placard, sorte de harcèlement par le vide, la structure matricielle de l’entreprise – plus on a de chefs, moins on reçoit d’ordres -, le manque de reconnaissance et l’impression d’être sous-utilisé.

Une théorie à laquelle adhère Philippe Zawieja: « Le fait que nous soyons en période de crise justifie qu’on n’en ait pas parlé jusqu’à présent, mais le phénomène n’est pas nouveau. Autrefois, il se réglait facilement: on changeait de poste ou carrément de job. » En période de crise, être payé à ne rien faire est politiquement très incorrect Néanmoins, être payé à ne rien faire en période de crise, alors que le chômage en France atteint des sommets, reste politiquement très incorrect.

« Les entreprises ont conscience de ce phénomène qui va croissant, mais reconnaître qu’un salarié n’a pas assez de travail est plus délicat. Le problème est tout à fait évitable, encore faut-il que ledit salarié ait le courage de se manifester », concède l’auteur. Si une infime tranche de l’humanité s’en satisfait totalement, l’ennui au travail est en général mal vécu. A la différence d’un autre type d’ennui, inhérent à ce stade de la vie qui semble depuis des siècles osciller entre désoeuvrement et lassitude: l’adolescence… Rien de nouveau?

Pourtant si! Désormais les ados se mettent en scène sur Internet, et tout y passe, y compris l’ennui! Dans le New York Times Magazine, Jenna Wortham, spécialiste en culture numérique, a récemment trouvé un nom à ce phénomène: le « borecore », un néologisme (encore un!), croisement entre « bore » et « hardcore », inspiré du mot « normcore » (ultranormal). L’ennui, une mode de plus? Si le banal est devenu à la mode, il est logique que l’ennui le soit aussi. YouNow et Meerkat ont récemment vu le jour. Ce sont des plateformes vidéo sur lesquelles les ados se filment en direct en train de… ne rien faire. Des vidéos sans but: « Moi et mon chat », « Je me fais iech! », suivi du hashtag #bored, déjà utilisé plus de 1 million de fois. « Il n’y a rien de neuf là-dedans; les ados d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux d’hier, Internet est le reflet de la vraie vie, donc on s’ennuie sur la Toile comme on s’ennuierait en vrai », assure Elodie Kredens, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Savoie.

Mais comment arrive-t-on à s’ennuyer à ce point avec toutes ces nouvelles technologies? Elodie Kredens, spécialiste des liens adolescents et réseaux sociaux, nuance: « Internet est un outil, pas un remède contre l’ennui. Si on l’utilise dans le but de passer le temps, on s’ennuiera d’autant plus »; avant de se questionner: « Ne serait-ce pas là une rupture avec cette frénésie d’images ingurgitées sur le Web? Une sorte d’éloge du rien finalement. » Que l’on se rassure, cet ennui 2.0 n’est ni stable ni pérenne. « Les adolescents veulent juste expérimenter une forme de jusqu’au-boutisme. L’un d’eux m’a raconté qu’il avait passé quatre heures à regarder des vidéos sur YouTube avant de carrément s’écoeurer. » Et si trop d’ennui tuait l’ennui? >>>

A LIRE:  Bore-out:

« Placardisé pendant quatre ans, j’ai fait une crise d’épilepsie au volant »

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Le Burn-Out…la maladie des efficaces

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Le syndrome de Burnout ou syndrome d’épuisement professionnel est un terme générique désignant un état de fatigue émotionnel, mental et physique caractérisé par un manque de motivation et de performance après des mois ou voire des années de surmenage et de surenchère; c’est un cercle vicieux. «Burnout» et «Burn out» et «syndrome Burnout» et «épuisement professionnel» et «syndrome d’épuisement professionnel» désignent la même chose.

Si on allume une bougie par les deux bouts, elle fournira le double de lumière pendant un certain temps – mais en même temps elle se consumera en une moitié de temps!
(Myron Rush)
Burnout: la «maladie des efficaces»

Les gens qui s’engagent et pour lesquels des bons résultats sont importants, qui sont très consciencieux dans leurs activités sont particulièrement menacés.

En principe, chacun peut être victime de Burnout, c’est à dire pas uniquement ceux exerçant une profession mais aussi les femmes de ménage, les chômeurs, retraités ou élèves. Mais puisque la recherche est focalisée sur des groupes de métiers déterminés la plupart des descriptions et analyses sont relatés à la population ouvrière.

Depuis l’annonce de cas de Burnout chez des célébrités connus mondialement dans le sport, (comme le footballeur professionnel Jan Simák ou le sauteur à skis Sven Hannawald), des stars du pop (comme Mariah Carey, Chris Watrin du groupe US5 ou Peter Plate du duo musical Rosenstolz) et des politiciens (p.ex. le Premier ministre d’Allemagne Matthias Platzeck ou l’ancien président du parti politique Suisse PLR Rolf Schweiger 1) ou la parlementaire Nathalie Rickli 2) ou Christoph Blocher 3)), qui de ce fait ont du terminer leur carrière ou au moins l’ interrompre temporairement, le syndrome avance de plus en plus dans l’attention publique et dans le colimateur des médias.

Selon des études représentatives 4) environ 7% de tous les salariés sont touchés par le syndrome Burnout, un bon nombre d’autres sont menacés de Burnout.

La fréquence d’apparition dans certains secteurs professionnels (comme par ex. dirigeants, conseillers d’entreprise, entrepreneurs, enseignants, assistants sociaux, personnel soignant, employés de prison, pasteurs, médecins etc.).

Déterminant pour l’apparition d’un syndrome de Burnout n’est pas le nombre d’heures de la semaine de travail ou la nature des tâches, mais des interactions complexes entre conditions de de travail et premisses individuelles qui mènent à l’exposition au stress prolongé et enfin à l’épuisement et la prostration.

Source : Burnout.-info.ch

Les Crises de vie..Christophe Fauré: « Vers 40-50 ans, nous sommes tous en mue. »

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La « crise de la quarantaine » n’est en réalité que la manifestation exacerbée d’un mouvement silencieux qui nous touche tous, assure le psychiatre Christophe Fauré dans son ouvrage Maintenant ou jamais (Albin Michel 2011). Bonne nouvelle : ce temps charnière de l’existence n’annonce pas un déclin, mais nous offre l’occasion de nous épanouir !

Christilla Pellé-Douël

Psychologies : Est-ce qu’il existe vraiment une crise du milieu de la vie, ce que l’on appelle « la crise de la quarantaine » ?
Christophe Fauré : Il n’existe pas de « crise » à proprement parler, sauf pour quelques individus, qui « pètent les plombs », présentent des comportements aberrants, font éclater leur vie. L’immense majorité des personnes ne présente pas de crise. En revanche, elles parlent d’une transition, même si elle est vécue dans le silence, la pudeur. Comme l’adolescence, ces années-là sont un temps charnière de l’existence, qu’elles soient reconnues comme telles ou non.

Les femmes sont-elles plus touchées que les hommes ?
Hommes et femmes sont traversés par les mêmes processus, mais la façon d’y répondre est différente. Les femmes sont biologiquement confrontées à la ménopause et ne peuvent donc pas éviter ce passage. Les hommes, eux, peuvent se cacher les yeux plus longtemps, ils sont capables d’avoir des enfants jusqu’à la fin… Ce sont les événements de la vie qui vont les bousculer.

Cette transition, dites-vous, s’étale entre 45 ans et 55 ans. C’est vraiment aussi long ?
Ce sont des moyennes. Il y a des circonstances qui peuvent accélérer le processus : un divorce, un licenciement, un deuil, mais le pic se trouve autour de 50 ans. Une étude américaine permet de voir, dans tous les pays industrialisés, que le sentiment général de bien être atteint son niveau le plus bas à 50 ans… et remonte après.

Ce sentiment de mal-être survient-il tout seul ?
Oui, c’est la manifestation d’un mouvement psychique très profond, tendant paradoxalement vers la complétude, alors même qu’il est vécu dans une certaine confusion intérieure. Je m’explique : il y a un mouvement psychique, dans la première moitié de la vie, tourné vers l’extérieur, vers la construction, l’accroche au regard d’autrui pour exister, aux yeux des parents, aux yeux des professeurs, de l’école… C’est l’acquisition d’un statut social, de biens matériels.

Vers 40-50 ans, on observe un courant inverse, vers l’intérieur. On voit émerger en soi des besoins plus spirituels, tendant davantage vers l’essentiel. L’entrée dans cette transition du milieu de la vie se fait très souvent par une prise de conscience de la relativité de cette construction sociale, du sens de notre vie. Mais ce serait une erreur de penser qu’il ne s’agit là que d’une évolution occidentale, car on trouve des textes tibétains très anciens prônant des pratiques spirituelles à mener lorsque l’on arrive à 40-50 ans !

C’est comme si, parvenu à ce stade de notre existence, il nous manquait « quelque chose » pour parvenir à cette complétude. Jung le dit : « Ce qui était essentiel au matin de notre vie le semble moins dans l’après-midi de notre vie. » Oui, j’ai une belle maison, un couple qui va bien… mais je me réveille le matin avec un sentiment de vide, d’angoisse.

Alors, que faire ?
Certains refusent d’entendre et de prêter attention à cette dynamique intérieure, ils s’obstinent à ne rien changer ou ils étouffent ce mouvement par des médicaments. Le danger, c’est vraiment l’appauvrissement de soi, au pire la dépression, voire la maladie. C’est un temps de notre vie où nous avons malheureusement tendance à réduire le champ des possibles… Alors que, derrière ce mal-être, il y a un authentique mouvement, une part fondamentale de notre être qui commence à s’exprimer. Or, ce « personnage » extérieur, social – cette persona pour reprendre les termes de Jung – n’est qu’une fraction de ce soi essentiel qui tente aujourd’hui de se manifester à nous-même. Encore faut-il l’entendre et y répondre.

De quelle façon peut-on y répondre ?
Réexaminer, réévaluer notre vie et nos relations à autrui, accepter notre corps qui n’est plus tout à fait le même, etc. Nous allons nous poser des questions qui couvrent, de façon transversale, « tous » les domaines : notre travail, notre vie familiale, amoureuse, personnelle. Il ne faut pas avoir peur de lister ces questions : « De quoi ai-je envie, poursuivre ce job, arrêter ? » « De quoi ai-je besoin ? », etc. Cette recherche a une valeur de quête – question et quête ont d’ailleurs la même étymologie. C’est le temps de la chenille qui se retire dans son cocon pour élaborer, dans le silence, la seconde partie de son existence, en tant que papillon.

Nous sommes en mue. Nous devons nous poser, nous écouter. Il y a un appel intérieur, et ce n’est pas un caprice. Mais il faut aussi prendre conscience que nous allons résister à ce changement : nous avons peur de perdre notre ancien moi, celui de la première moitié de vie, nous avons peur de perdre notre rôle, notre statut, tout ce qui nous définissait auparavant. Paradoxalement, si nous n’acceptons pas de lâcher notre ancien moi, nous perdons quelque chose de plus large. La sagesse nous dit pourtant qu’il est vain de lutter contre ce renoncement, qui porte, en réalité, d’authentiques promesses d’apaisement intérieur. « Renoncer » n’est pas « se résigner » ! Il s’agit de tout autre chose !

Qu’est-ce qui nous attend lorsque l’on entend cet appel : l’épanouissement de notre moi le plus profond ?
Oui, mais dans les limites du réel. Il ne faut pas oublier que nous devons faire aussi le deuil de ce que nous ne pourrons plus faire : devenir champion de course ou entamer une carrière de violoniste. En entrant dans la conscience de l’« ici et maintenant » de notre vie telle qu’elle est aujourd’hui, alors, oui, nous nous ouvrons à un grand champ de possibilités. Pour Jung, il s’agit d’aller vers la conscientisation pleine et entière du soi : une partie du moi de la première moitié de la vie, celle qui était dans la lumière, doit maintenant laisser de la place à cette autre partie de nous-même que nous avons laissée dans l’ombre pour pouvoir vivre et exister aux yeux d’autrui.

Cela ramène à l’essentiel et se traduit, par exemple, par des questions telles que : « Quelle trace vais-je laisser ? », « Que transmettre ? », « Comment prendre soin de moi, entrer en amitié avec moi, avec mes proches, et même avec mon corps, qui durant encore quarante ans me permettra de porter mes projets ? » Il y a là une autre tonalité dans notre recherche du bonheur et de plénitude.

D’ailleurs, beaucoup de gens se tournent à cette période de la vie vers la spiritualité, non par peur de la mort, mais parce que le temps est venu : notre dimension spirituelle se réclame aujourd’hui à nous-même, qu’on le veuille ou non !

En dépassant ce moment charnière, débouche-t-on sur quelque chose de plus calme, de plus épanoui ?
Oui, on retrouve une fondation intérieure, une assise, qui nous permettra de nous tourner à nouveau vers l’extérieur, mais différemment. Tout cela demande un réel effort de notre part : c’est à nous d’aller chercher et d’établir ces nouvelles fondations, nous avons la responsabilité de répondre de la manière la plus juste, la plus sage et la plus singulière à ce que nous ressentons, sans y résister, en laissant tomber la carapace de la première moitié de notre vie. Nous avons encore beaucoup de temps, mais c’est maintenant ou jamais. Dans vingt ans, ce sera trop tard. C’est inquiétant, c’est difficile, mais c’est indispensable. Nous devons accompagner ce mouvement, découvrir nos propres règles et faire la paix avec nous-même pour devenir ce que nous sommes.

Jung dit que l’homme ne vieillit pas, mais qu’il continue de croître, comme un arbre. Est-ce cela la transition du milieu de vie ?
C’est exactement cela. Cette transition, c’est la phase d’individuation. La construction de la persona dans la première moitié de vie a nécessité le retrait, dans l’ombre, de parties précieuses de notre être. Par exemple, nous avons mis de côté nos aspirations artistiques au début de notre vie. Mais elles reviennent en force dans la deuxième partie de notre existence : ainsi, tout ce qui n’a pas été accompli jusque-là « pousse » en nous avec force – l’ombre veut sortir dans la lumière. Nous aspirons à devenir « plein », « entier », « intègre ». C’est le véritable chemin de cette transition du milieu de la vie.

Source : Psychologies

La Crise d’adolescence…

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«Laisse-moi tranquille ! Je veux sortir ! Lâche-moi avec les cours ! T’es lourd !». Quel parent d’adolescent(e) n’a jamais subi les foudres de son enfant transformé en vrai despote : l’ado fait sa crise. Sa crise d’adolescence.
Quoi qu’on en dise, l’adolescence est souvent un moment délicat à vivre pour la famille. Votre ex-petit vit un réel chamboulement dans son corps et dans sa tête. Difficile pour lui de voir ses repères changer, pas facile non plus de voir sa morphologie évoluer et sa voix muer. Il va s’ensuivre une période plus ou moins longue et plus ou moins houleuse où chacun va se chercher et va retrouver de nouvelles marques pour vivre ensemble.

Crise d’adolescence
Les parents peuvent dire ce qu’ils veulent, ils essuient systématiquement une fin de non-recevoir. «Les parents ne doivent pas s’inquiéter, la crise d’adolescence passe toujours avec plus ou moins de heurts», explique la psychologue Caroline Thompson, spécialiste en psychologie clinique et thérapeute familiale.

Est-ce normal d’être rejeté par son enfant ? Comment gérer au mieux ce passage difficile ? Quel rôle les parents doivent tenir ? Caroline Thompson décode pour vous la crise d’adolescence.
Ado : un rejet inévitable pour mieux se construire
«Ma mère est tout le temps sur mon dos. Elle est constamment en train de me fliquer et me pose des tonnes de questions. J’en ai marre», soupire Jade, 14 ans, élève en 3e. Ces rapports tendus entre parents et adolescents se font souvent difficiles à supporter au quotidien, surtout pour les adultes. «Quand elle est désagréable, je n’ai pas envie de lui faire plaisir», confie la mère de Jade .

«L’adolescence est un processus naturel de séparation entre les enfants et leurs parents, indique Caroline Thompson. Les parents étaient, avant, les personnes les plus importantes aux yeux de leur enfant ; maintenant ils ne sont plus que des personnages secondaires, car l’adolescent crée son propre milieu social constitué de ses pairs, d’où ce rejet.»

75% des adultes sont persuadés que les ados n’ont pas besoin d’eux pour grandir

Cette séparation ne signifie pas, pour autant, que les ados se passent très bien des adultes. Les résultats de l’étude réalisée par Ipsos Santé pour la Fondation Pfizer dans le cadre du 8e Forum Adolescences portant sur les différences intergénérationnelles révèlent que 85% des jeunes interrogés ont besoin des adultes .

«Les adolescents ont à la fois 8 ans et 25 ans. Ils vont avoir besoin, de temps en temps, d’un témoignage d’affection comme un enfant et de l’autre, ils aspirent à plus de liberté comme un adulte. Il faut arriver à gérer ce paradoxe de l’adolescence», relate la psychologue Caroline Thompson.
Un besoin criant d’autonomie
Lors de l’enquête qualitative Ipsos Santé menée en 2007 pour le compte de la Fondation Pfizer, les jeunes interrogés indiquaient très clairement ce qu’ils attendaient de leurs parents à l’image de Sophia, 14 ans, parisienne : « Nos parents voudraient nous garder petits toute leur vie ce qui est parfaitement impossible. Nous sommes des mini adultes en devenir, donc ils n’ont pas à être sur notre dos en permanence. En même temps, ils doivent nous mettre des repères, des limites, des règles ; nous « prendre la tête » en gros. ».

Oser dire «non»
Les parents doivent, ainsi, apprendre à jongler entre le besoin d’autonomie de leur adolescent et son souci de règles, de sévérité.

«L’adolescence est un période de grande fragilité, l’enfant a donc besoin que ses parents lui dictent des règles sensées pour se rassurer sur leur solidité parentale et pour lui éviter de succomber à ses envies, à ses tentations, explique Caroline Thompson. Les parents doivent oser dire « non » à leur enfant quitte à ce qu’il leur en veuille et les prenne pour des ringards ou des nuls. C’est le rôle des parents.»

L’ado, cet incompris
« Arrêtez de nous prendre pour des gamins ». Voici le premier conseil et souhait verbalisé par les adolescents dans l’étude Ipsos Santé 2012. Les adolescents aspirent à plus de considération de la part de leurs aînés.

« Les ados ont souvent l’impression de ne pas être compris par les adultes ce qui génère de vives tensions » explique Caroline Thompson, « les parents considèrent, à tort, que la génération de leurs enfants est moins curieuse, moins cultivée que la leur au même âge. Ces remarques infondées blessent beaucoup les jeunes ».

Prendre plus au sérieux les sentiments des ados

« Mes amis, mes amours, mes emmerdes…. » comme disait Charles Aznavour, ne sont guère pris au sérieux par les adultes. « Ils prennent de haut les émotions de leurs enfants » témoigne la psychologue Caroline Thompson.

« Pour eux, ce ne sont qu’un chagrin d’amour de jeunesse ou des chamailleries de gosse, il n’y a pas mort d’homme. Ils estiment que les problèmes des ados sont bien moindres que les leurs. Ce jugement de valeurs crée, alors, des incompréhensions et un vrai sentiment, pour l’adolescent, de ne pas être écouté par les adultes ».
Etre parent d’un adolescent
« Les parents ne doivent pas rechercher une relation symétrique avec leurs enfants. Ils doivent prendre un certain recul, écouter les messages sous-jacents de leurs ados et accepter leurs contradictions qui est « donne-moi plus d’espace mais surtout, ne me lâche pas » » indique Caroline Thompson.

« Ne soyez pas dans la rancœur si vos enfants vous rejettent ou vous blessent. Il est totalement normal qu’ils vous perçoivent comme l’empêcheur de tourner en rond. Laissez votre enfant venir à vous. Cette position d’attente est, certes, désagréable mais ça fait partie du rôle de parents à l’adolescence ».

« Tenez le cap même si vous êtes émotionnellement désarçonné par cette crise d’adolescence. Vos enfants vous voient comme leur port d’attache, il est donc primordial que vous soyez solide, constant et juste dans vos décisions. Ne vous en faites surtout pas, l’adolescence passe toujours » conclut la psychologue Caroline Thompson, thérapeute familiale.

Source : au féminin.com

Brèves réflexions autour du couple…

36444548_xxlForce est de constater que j’entends souvent les mêmes plaintes dans la bouche des couples qui viennent me consulter.
Parmi celles revenant régulièrement, une consiste à critiquer le comportement de l’autre.

Je vous propose que l’on s’arrête sur cet agacement qui consiste à de moins en moins supporter, jusqu’à ne plus supporter du tout, l’autre dans ce qu’il fait, dans ce qu’il est.
Dans la théorie que soutient la pratique de la psychanalyse freudienne, le hasard a peu à voir avec le couple que nous formons. Certes la rencontre peut être fortuite mais l’engagement lui, ne l’est pas. Le choix de créer, d’écrire une histoire avec untel ou unetelle ne relève pas du hasard, de la coïncidence mais bien d’une volonté, d’un choix. Cela ne saute pas forcément aux yeux des partenaires car en vérité ce choix est guidé par des motivations conscientes, certes, mais aussi et surtout par des motivations inconscientes. On pourrait grossièrement classer ces motivations inconscientes en trois grandes catégories : celles qui réparent, celles qui vengent et celles qui répètent. (Exemple : le choix d’un partenaire docile peut être une réparation face à un parent autoritaire mais aussi une manière de se venger ou une répétition du modèle parental).

Pour vous permettre une réflexion plus aisée, nous allons prendre des exemples certes caricaturaux mais qui ont le mérite d’être parlants.

« Je ne supporte plus qu’il ne prenne aucune initiative. »; « Il est à la traîne et c’est moi qui suis le moteur du couple. »; « Il ne décide rien et ne gère rien. »; « Je n’ai pas l’impression d’être avec un homme qui me rassure. » « Elle n’est pas sexy et ne fait rien pour pimenter notre couple ».

Autour de ces reproches, essayons de comprendre une chose qui me parait fondamentale :
Pourquoi est-ce devenu insupportable alors même que ça ne l’était pas au début de l’histoire du couple ?
Car, soyons honnêtes, cet homme ou cette femme qui nous insupporte, n’a pas fondamentalement changé. Nous, oui. On s’agace, on s’énerve et ça c’est nouveau. Mais alors, pourquoi ces comportements irritants ne nous ont pas fait fuir dès le départ ?

En préambule, rappelons qu’une chose essentielle brouille les cartes au début d’une relation amoureuse, c’est le sentiment amoureux. L’amour rend aveugle, cela est vrai et nécessaire. Le sentiment amoureux travaille de concert avec notre chimie hormonale, ce qui met notre cerveau au vert pour un moment. Les émotions étouffent complètement le cerveau rationnel et le musèlent. Cela étant posé, il y a une part de nous qui reste vigilante malgré cette déferlante d’hormones et d’émotions ennivrantes, c’est notre inconscient. Lui sait si cela peut coller ou pas. Le hic, c’est que ses critères d’engagement – ou pas – sont loin d’être clairs et limpides à notre conscience. Ils peuvent même être parfaitement énigmatiques… Voire en totale contradiction avec nos désirs conscients.

Reprenons nos exemples ci-dessus sur les comportements de ce partenaire qui ne vous conviennent plus… du tout.

Primo, au delà de la critique d’un ou plusieurs comportements, c’est le caractère dans sa globalité qui finit par être visé.
Secundo, ces comportements qui me plaisaient bien au début, ne me plaisent plus du tout. Pourquoi ?

« Je pensais qu’il/elle changerait »
Doit-on entendre « Je pensais que je le/la changerais »?
Pourtant un marathonien ne devient pas un sprinter et inversement.
Cela signifie-t-il que vous être entré dans cette relation armé de votre toute-puissance, comme le créateur l’est auprès de sa créature ? La désillusion est alors à la hauteur de votre échec : non, vous n’avez pas réussi à le changer, à le transformer, à en faire un être plus proche de vos aspirations. Il est autonome, chargé de ses défauts (et de ses qualités) et n’est pas aussi modelable que vous l’espériez…
Parmi les pistes de réflexion à suivre : votre désir à modeler un autre, à prouver votre toute-puissance, à tester votre force de séduction, à attendre de l’autre un sacrifice gage de son amour, etc…

cadeaux-saint-valentin.jpg« Au début, j’aimais bien sa façon d’être face au monde mais maintenant ça m’irrite et ne me convient plus ».
Cela signifie-t-il qu’au début de la relation vous aspiriez à être « réparé », à être apaisé ou stimulé par une personne comme celle que vous avez choisie ? Mais comme les réparations sont issues d’un manque (infantile) qui ne peut être comblé mais simplement dépassé, vous êtes déçu de votre choix, frustré de ce manque qui demeure (de cet apaisement ou de cette stimutation qui ne vient pas).
Parmi les pistes de réflexion à suivre : votre attente vis-à-vis de l’autre dans votre mieux-être, votre demande de réparation inassouvie, votre idéal jamais atteint, votre retour vers un schéma antérieur non soldé, etc…
Dire que nous ne pouvons jamais changer l’autre est vrai et faux à fois. Il s’agit de s’entendre sur l’ampleur de la transformation. À la marge, la réponse est oui. Nous apprenons des autres, ils nous stimulent, nous émulent, nous ouvrent des horizons différents. En profondeur, la réponse est non. Nous seuls sommes capables d’amorcer ce changement en renonçant, en lâchant prise, en acceptant les manques de notre propre histoire.

Les crises que le couple traverse appartiennent bien souvent au passé personnel de chacun des protagonistes, et non pas précisément à leur histoire commune.
Un retour aux sources (« Pourquoi ai-je choisi ce partenaire ? ») me semble être une étape nécessaire pour mieux comprendre les turbulences qui agitent le couple.

Source : « Blog La Psychogazette »