Brèves réflexions autour du couple…

36444548_xxlForce est de constater que j’entends souvent les mêmes plaintes dans la bouche des couples qui viennent me consulter.
Parmi celles revenant régulièrement, une consiste à critiquer le comportement de l’autre.

Je vous propose que l’on s’arrête sur cet agacement qui consiste à de moins en moins supporter, jusqu’à ne plus supporter du tout, l’autre dans ce qu’il fait, dans ce qu’il est.
Dans la théorie que soutient la pratique de la psychanalyse freudienne, le hasard a peu à voir avec le couple que nous formons. Certes la rencontre peut être fortuite mais l’engagement lui, ne l’est pas. Le choix de créer, d’écrire une histoire avec untel ou unetelle ne relève pas du hasard, de la coïncidence mais bien d’une volonté, d’un choix. Cela ne saute pas forcément aux yeux des partenaires car en vérité ce choix est guidé par des motivations conscientes, certes, mais aussi et surtout par des motivations inconscientes. On pourrait grossièrement classer ces motivations inconscientes en trois grandes catégories : celles qui réparent, celles qui vengent et celles qui répètent. (Exemple : le choix d’un partenaire docile peut être une réparation face à un parent autoritaire mais aussi une manière de se venger ou une répétition du modèle parental).

Pour vous permettre une réflexion plus aisée, nous allons prendre des exemples certes caricaturaux mais qui ont le mérite d’être parlants.

« Je ne supporte plus qu’il ne prenne aucune initiative. »; « Il est à la traîne et c’est moi qui suis le moteur du couple. »; « Il ne décide rien et ne gère rien. »; « Je n’ai pas l’impression d’être avec un homme qui me rassure. » « Elle n’est pas sexy et ne fait rien pour pimenter notre couple ».

Autour de ces reproches, essayons de comprendre une chose qui me parait fondamentale :
Pourquoi est-ce devenu insupportable alors même que ça ne l’était pas au début de l’histoire du couple ?
Car, soyons honnêtes, cet homme ou cette femme qui nous insupporte, n’a pas fondamentalement changé. Nous, oui. On s’agace, on s’énerve et ça c’est nouveau. Mais alors, pourquoi ces comportements irritants ne nous ont pas fait fuir dès le départ ?

En préambule, rappelons qu’une chose essentielle brouille les cartes au début d’une relation amoureuse, c’est le sentiment amoureux. L’amour rend aveugle, cela est vrai et nécessaire. Le sentiment amoureux travaille de concert avec notre chimie hormonale, ce qui met notre cerveau au vert pour un moment. Les émotions étouffent complètement le cerveau rationnel et le musèlent. Cela étant posé, il y a une part de nous qui reste vigilante malgré cette déferlante d’hormones et d’émotions ennivrantes, c’est notre inconscient. Lui sait si cela peut coller ou pas. Le hic, c’est que ses critères d’engagement – ou pas – sont loin d’être clairs et limpides à notre conscience. Ils peuvent même être parfaitement énigmatiques… Voire en totale contradiction avec nos désirs conscients.

Reprenons nos exemples ci-dessus sur les comportements de ce partenaire qui ne vous conviennent plus… du tout.

Primo, au delà de la critique d’un ou plusieurs comportements, c’est le caractère dans sa globalité qui finit par être visé.
Secundo, ces comportements qui me plaisaient bien au début, ne me plaisent plus du tout. Pourquoi ?

« Je pensais qu’il/elle changerait »
Doit-on entendre « Je pensais que je le/la changerais »?
Pourtant un marathonien ne devient pas un sprinter et inversement.
Cela signifie-t-il que vous être entré dans cette relation armé de votre toute-puissance, comme le créateur l’est auprès de sa créature ? La désillusion est alors à la hauteur de votre échec : non, vous n’avez pas réussi à le changer, à le transformer, à en faire un être plus proche de vos aspirations. Il est autonome, chargé de ses défauts (et de ses qualités) et n’est pas aussi modelable que vous l’espériez…
Parmi les pistes de réflexion à suivre : votre désir à modeler un autre, à prouver votre toute-puissance, à tester votre force de séduction, à attendre de l’autre un sacrifice gage de son amour, etc…

cadeaux-saint-valentin.jpg« Au début, j’aimais bien sa façon d’être face au monde mais maintenant ça m’irrite et ne me convient plus ».
Cela signifie-t-il qu’au début de la relation vous aspiriez à être « réparé », à être apaisé ou stimulé par une personne comme celle que vous avez choisie ? Mais comme les réparations sont issues d’un manque (infantile) qui ne peut être comblé mais simplement dépassé, vous êtes déçu de votre choix, frustré de ce manque qui demeure (de cet apaisement ou de cette stimutation qui ne vient pas).
Parmi les pistes de réflexion à suivre : votre attente vis-à-vis de l’autre dans votre mieux-être, votre demande de réparation inassouvie, votre idéal jamais atteint, votre retour vers un schéma antérieur non soldé, etc…
Dire que nous ne pouvons jamais changer l’autre est vrai et faux à fois. Il s’agit de s’entendre sur l’ampleur de la transformation. À la marge, la réponse est oui. Nous apprenons des autres, ils nous stimulent, nous émulent, nous ouvrent des horizons différents. En profondeur, la réponse est non. Nous seuls sommes capables d’amorcer ce changement en renonçant, en lâchant prise, en acceptant les manques de notre propre histoire.

Les crises que le couple traverse appartiennent bien souvent au passé personnel de chacun des protagonistes, et non pas précisément à leur histoire commune.
Un retour aux sources (« Pourquoi ai-je choisi ce partenaire ? ») me semble être une étape nécessaire pour mieux comprendre les turbulences qui agitent le couple.

Source : « Blog La Psychogazette »

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